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Senin, 10 Februari 2020

Médée

Category: Boutique Kindle,Ebooks Kindle,Littérature

Médée Details

Tragédie : La magicienne Médée a fait mourir le roi de Thessalie qui avait lésé son mari Jason. Le couple s'est réfugié auprès du roi de Corinthe, Créon. Le nouveau roi de Thessalie exige les coupables. Créon se contentera de bannir Médée, Jason épousera sa fille Créuse, qui l'aime. Médée prépare sa vengeance. À la demande de Jason, Créon ne bannira pas leurs enfants...

Reviews

CLe style est époustouflant, même brillant, étincelant, rutilant. Mais le style ne suffit pas à faire une bonne pièce de théâtre et à bien traiter un sujet. Ce texte concerne lm Médée de Max Rouquette qu'on peut atteindre sur le site Amazon.fr mais sur la page duquel on ne peut pas mettre une critique si on en a déjà mise une sur la Médée de Corneille.Il garde la caricature épurée de Jean Anouilh. Médée est de la race du soleil, une gitane ? et le nombre d'allusions à ce fait est énorme. Cette référence raciale est au vingt-et-unième siècle difficile à passer, surtout qu'en plus elle est fausse et elle est connue comme fausse en ce vingt-et-unième siècle. Médée n'était pas une gitane. Elle était Colchidienne, de la Colchique, l'actuelle Géorgie, dans le Caucase. Elle parlait une langue caucasienne de la famille des langues turkiques, une parente proche de la langue de Cromagnon. Elle est de la langue et la culture originelle des Homo Sapiens en Europe. Elle n'est pas l'envahisseur. Ce sont les Grecs indo-européens qui viennent juste d'arriver dans la péninsule hellénique, en même temps que les autres Indo-Européens traversent le Caucase pour envahie les vastes plaines européennes jusqu'à l'Irlande qui sont les envahisseurs.Tout un travail de reconstruction de ce mythe raciste issu de la mythologie raciste grecque qui considérait tout ce qui n'était pas grec et indo-européen comme barbare est nécessaire pour construire une juste vision qui ne soit pas en plus profondément misogyne. On a là au plus profond un mythe qui représente le passage des grandes migrations humaines du paléolithique et du néolithique à la sédentarisation des peuples installés, avec la notion de peuple et certainement pas de nation. En plus cette histoire marque le passage à un état fort concentré dans les mains d'un seul homme. Cela est totalement absent de la pièce.Médée est posée comme la criminelle parfaite et absolue. Elle a tout trahi, elle a tout tué, certes pour conquérir Jason, mais il n'en reste pas moins que le sang est entièrement sur ses mains. Elle ne sait rien gagner ou conserver sans verser le sang des autres sur son chemin. La pièce se concentre sur ses pouvoirs maléfiques, au risque d'une fin surréaliste d'une Médée fuyant dans le ciel dans un chariot de feu tiré par des dragons (reprise à Pierre Corneille). Cette vision est misogyne et dire cela suffit à condamner la pièce qui ne prend aucune distance à ce niveau.Comme dans Jean Anouilh on a une réduction de la pièce à deux personnages, Jason et Médée et leur amour ou leur guerre ouverte. Max Rouquette sauve un peu la mise en donnant une vaste ampleur au conflit chez Médée entre son instinct de mère, fortement représenté et sollicité par la vieille qui l'accompagne, et son désir de vengeance absolue sur Jason. Et c'est cet instinct de vengeance qui l'emporte. Ce conflit est dramatiquement concentré dans une lutte entre la vieille suivante et Médée pour le couteau sacrificatoire. Médée gagne, la vengeance l'emporte.Elle tue donc Créuse avec ses cadeaux nuptiaux empoisonnés, Créon par la même occasion qui se jette dans ce feu, et toute la ville de Corinthe qui est embrasée de ce feu. Jason sera roi sans reine d'une ville détruite. Puis elle tue les deux fils qu'elle a eu de lui pour le faire souffrir sans son instinct paternel qui n'est jamais démenti tout du long de la pièce, une autre marque du traitement inégal des sexes. Non seulement il sera privé de sa pucelle de reine, et le discours sexuel est direct et clair, de son royaume et du peuple qui va avec, mais aussi de ses fils dont il gardera le souvenir à jamais gravé en absence dans sa mémoire.Elle laisse donc Jason en vie et assure sa fuite par des moyens surnaturels ce qui ôte au conte une grosse part de vraisemblance. Bref tout est à faire pour réévaluer un mythe raciste et misogyne grec ancien.Cette édition particulière traite le public comme des enfants de douze en donnant une explication de « vacher » par exemple (note 3 page 57), alors que la pièce est pour adultes, et en plus adultes avertis. Mais en plus elle efface tout ce qui pourrait paraître politiquement incorrect. Ainsi les pavots deviennent des plantes dont on extrait des substances somnifères (note 1, page 32), mais pas un mot de l'opium et de son dérivé principal l'héroïne. Pire encore, et c'est là un manque culturel énorme, la Colchide est expliquée comme la patrie de Médée où Jason a volé la toison d'or (note 1, page 77) et ainsi on oublie de dire que c'est la Géorgie actuelle, qu'elle parle une autre langue non indo-européenne, et donc non liée au grec. Ce dernier point dans les notes permet une trahison culturelle, historique et un déplacement du mythe vers l'Afrique et l'Occitanie, tout en le gardant misogyne (seule une mère peut être à ce point possessive et vengeresse pour tuer ses enfants pour faire souffrir leur père) et raciste : non Médée n'est pas d'une race gitane, « race maudite qui ne sait que mordre ! » (page 119).La conclusion est alors naturelle qui s'impose à l'auteur et qu'il nous impose deux fois en final : « Il n'y a rien que rien et le rien n'est rien et le tout est rien et le rien est tout' »Un coche de manqué pour la réévaluation de notre héritage paléolithique et néolithique et le triomphe d'une vision exécrable de la femme, de la mère, de la culture alternative, en l'occurrence turque ou caucasienne ancienne à la culture envahissante indo-européenne. Il faudra Heiner Müller et Christa Wolf, ainsi que Pascal Dusapin et Angelin Preljocaj pour entamer en France une réévaluation d'un mythe fondateur de la culture européenne.Dr Jacques COULARDEAU

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